COP 21 : Le climat se moque des grands discours

La vingt-et-unième Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre. Quelques parlementaires engagés ou membres de la délégation du Parlement européen à la COP 21 expriment ici leurs attentes concernant les engagements qui seront pris par 195 Etats ainsi que par l’Union européenne (UE).


© European Union, 2015  / Source : AFP-Services ,EC - Audiovisual Service  / Photo : Maout Christophe

Le fédéraliste allemand du groupe des Socialistes et Démocrates, Jo Leinen, ex- Ministre de l’Environnement de la Sarre, se souvient avoir assisté à la première COP ! Il rappelle que « le Parlement européen (PE) souhaite que l’accord de Paris soit 1/ juridiquement contraignant, 2/concerne tous les Etats de la planète, 3/vise à une décarbonisation prochaine, 4/ comporte un mécanisme régulier de renouvellement des engagements pris en faveur d’une réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre ». Il se réjouit aussi « que les Etats Unis et la Chine ont envoyé un signal clair en acceptant de s’engager dans un nouveau protocole international. La Chine est en effet responsable d’une vaste quantité de gaz à effet de serre dans une économie toujours en pleine croissance. Mais, à présent, le pays a davantage conscience de la nécessité de réduire ses émissions et s’est même engagé à accroître sa production d’énergies renouvelables au cours des quinze prochaines années ». Jo Leinen estime enfin "qu’il est essentiel que l’UE parle d’une seule voix. En effet, si les Etats membres de l’UE manifestent trop d’intérêts différents, cela pourrait mettre en danger le succès des négociations. Certes, le Parlement européen (PE) ne siège pas à la table des négociations, mais il sera certainement le « chien de garde » de l’UE à la COP2  ».

Françoise Grossetete, du Parti Populaire Européen, fera partie de la délégation du PE à la COP21. Pour elle, « cette conférence ne sera pas l’aboutissement de la lutte contre le changement climatique mais doit servir de tremplin pour trouver ensemble des solutions à ce défi planétaire ». Tout en souhaitant, elle aussi, que l’accord soit le plus contraignant possible, elle estime que « cette conférence doit être l’occasion d’apporter des solutions concrètes et de mobiliser le secteur privé ». C’est pourquoi, l’eurodéputée «  soutient fermement « l’Agenda des Solutions » qui fera partie de cet accord global. La COP21 doit apporter un soutien aux nouvelles technologies bas-carbone en les identifiant et en facilitant leur déploiement et l’investissement ». Pour Mme Grossetête, « le meilleur moyen pour réussir à Paris, c’est d’être ambitieux et pragmatique en se focalisant sur les technologies qui apportent des solutions".
 
Patrick Le Hyaric, vice-président du groupe de la Gauche unitaire au PE, estime « primordial que le Parlement européen se mobilise pour un accord ambitieux car c’est un signal fort envoyé aux négociateurs de la COP21. Celui que le peuple européen est prêt à s’engager pour la préservation de notre planète et ne se contentera pas encore une fois d’un accord a minima. La vraie dette vis-à-vis des générations futures est vert  » conclut-il.
 
L’Ecossais Ian Duncan, du Parti Conservateur et Réformiste, l’un des 15 eurodéputés de la délégation du PE à la COP 21, se montre un peu sceptique quant à l’issue de la Conférence : « Il y a un an, l’ambition de Paris était très claire : parvenir à un accord mondial juridiquement contraignant qui empêche la température de la terre de dépasser les 2 degrés. Aujourd’hui, précise-t-il, à moins que les Etats Unis et la Chine ne rehaussent le niveau de leur ambition, nous ne réussirons pas à respecter cette limite des 2 degrés. Par ailleurs, suite aux propos récents du Secrétaire d’Etat américain, John KERRY, cet accord ne sera pas juridiquement contraignant. Les fantômes de la COP de Copenhague commencent à planer au-dessus de Paris et il est difficile d’imaginer comment nous pourrions crier victoire dans la bataille contre le changement climatique » observe Ian Duncan.
 
Yannick Jadot, porte-parole du groupe des Verts/ALE sur le climat et membre de la délégation du PE à la COP21 se réjouit que «  la quasi-totalité des Etats ont déposé leurs engagements de réduction à moyen et long termes, couvrant 95% des émissions mondiales des gaz à effet de serre. (…) Toutefois, fait-il remarquer, il est inquiétant qu’aucun des points clés de la négociation ne soit réglé à ce stade : que ce soit l’objectif à long terme, le caractère contraignant de l’accord, la prévisibilité des financements pré et post 2020, les clauses de révision, les mécanismes de contrôle et d’évaluation des engagements, la prise en compte des émissions de transports maritime et aérien ».
 
Les Etats n’ont plus que deux semaines pour trouver un accord qui s’attaque enfin efficacement au dérèglement climatique et procure les moyens suffisants pour que les plus vulnérables puissent y faire face. En réalité, ajoute l’eurodéputé vert, « le climat se fout des grands discours et exige des actes plus ambitieux … Et alors que les attaques terroristes renvoient l’humanité à sa communauté de destin, la lutte contre le dérèglement climatique constitue le meilleur moyen de lui proposer un avenir bienveillant et prometteur ».
 
Propos recueillis par Odile Harvey

 

 



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Le 29 novembre 2015

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