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La Maladie de la Mort par l’image, aux Bouffes du Nord

© Stephen Cummiskey

"Vous pourriez l’avoir payée. Vous auriez dit : Il faudrait venir chaque pendant plusieurs jours". Ainsi commence une suite de nuits où une femme est livrée au bon plaisir d’un homme qui n’a jamais connu de femme, au sens biblique.

Mais on ne sait pas exactement ce qui se passe : l’homme est-il homosexuel ? la femme une aventurière ? que cherche-t-il ? pourquoi accepte-t-elle ? que vont-ils trouver ? qu’est cette "maladie de la mort" ?

Autant de questions que creuse Marguerite Duras pendant cinquante petites pages publiées en 1982 aux Editions de Minuit. Un texte qu’elle a imaginé pour le théâtre, donnant de nombreuses indications de mise en scène, avec le projet de faire jouer Catherine Deneuve, qui refusera finalement l’épreuve du théâtre.

Comme des vers sous la lampe à bronzer

S’affranchissant de toutes ces indications, la metteuse en scène britannique Katie Mitchell s’empare de ce texte et livre une mise en scène très concrète et, pour la première fois, très charnelle. 

La comédienne Laetitia Dosch et son partenaire Nick Fletcher sont livrés à un ballet de caméra qui retransmettent au-dessus du plateau, resté dans la pénombre, leurs états et leurs débats. Du théâtre en gros plans, au scalpel, presque cruel pour les comédiens souvent nus, se débattant comme des vers sous une lampe à bronzer.
Le plateau est encombré, la technique envahit le théâtre. Nous sommes sauvés de l’asphyxie par la narratrice, Irène Jacob, envoûtante et durassienne à souhait.

La femme est vivante, l’homme est mort

Dans ce "spectacle de cinéma en direct", comme dit la metteuse en scène, le cinéma est finalement peu présent. La rapidité du montage, le travail appliqué sur les illustrations, les inserts avec des scènes tournées en extérieur sont techniquement parfaits, mais nous accrochent à un univers de téléfilm. Les énigmes du textes sont dramatisées méthodiquement (il faut faire plus long) perdant leur densité et leur ambiguïté. La femme est vivante, l’homme est mort. OK, merci.

On peut y voir aussi le souffle de Vie et de Mort qui habite toute relation amoureuse. Ouf !


La maladie de la mort, librement adapté d’après le récit de Marguerite Duras, avec Laetita Dosch, Nick Fletcher et Irène Jacob. Mise en scène Katie Mitchell, adaptation Alice Birch. Jusqu’au 3 février au Théâtre des Bouffes du Nord, avec le Théâtre de la Ville-Paris
Les 16 et 17 mars 2018
Grand Théâtre / Les Théâtres de la ville de Luxembourg
Du 21 au 23 mars 2018
Stadsschouwburg Amsterdam - Brandhardeen Festival/Pays-Bas
Du 28 au 31 mars 2018
MC2, Grenoble
Du 4 au 6 avril 2018
Tandem - Scène nationale, Douai
Les 20 et 21 avril 2018
Théâtre Forum Meyrin, Genève
Du 15 au 17 mai 2018
Théâtre du Gymnase, Marseille


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Le 2 février

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