"Grande Parade" fellinienne au Jeu de Paume

Cinquante ans après le succès grandiose de La Dolce Vita, le terme « fellinien » est passé dans le langage courant. En association avec la Cinémathèque française et l’Insituto Italiano di Cultura de Paris, l’Exposition « Fellini : La Grande Parade », actuellement au Jeu de Paume souligne l’actualité de l’univers onirique, exubérant et déroutant de Federico Fellini.


 
Imprégnés de l’imagination débridée de leur auteur, les films de Fellini ont marqué l’histoire du cinéma. Organisée en quatre séquences ("Fellini et la culture populaire", "Fellini à l’œuvre", "La Cité des femmes... et la place de l’homme" et "Fellini ou l’invention biographique"), l’exposition Fellini, la Grande Parade revient sur les sources d’inspiration et les obsessions du cinéaste italien. Cirque, music-hall, caricatures, romans-photos ou encore psychanalyse : quelques quatre cents documents visuels montrent l’artiste au travail et, du film au hors-champ, relatent comment l’expérience du quotidien générait les visions felliniennes.
 
Albums de presse
 
Dans chaque salle, des projections présentent des extraits de films, des scènes coupées ou des bouts d’essai. De nombreux magazines sont également exposés, inestimables sources d’inspiration du réalisateur plasticien. En effet, Fellini avait la passion des médias et du spectacle, passant sans cesse des premiers au second. Dessins et caricatures enrichissent le parcours de l’exposition, comme ceux du Cheick Blanc, qui ont servi de modèle au personnage du film éponyme. Plongé dans l’atmosphère bouillonnante de l’époque, le public pourra découvrir les albums de presse de La Dolce Vita relatant la polémique que déclencha le film à sa sortie. C’est d’ailleurs au cours de ce tournage que Fellini fusionna ses deux passions ; dévorant les magazines par centaines, il collectionnait les photos de célébrités et empruntait à l’actualité certains événements largement relayés par les médias. C’est ainsi que l’étalage dans la presse du strip-tease d’Aichè Nanà au Rugantino, célèbre club romain, inspira une scène similaire de La Dolce Vita.
 
Un Paparazzo… Des paparazzis !
 
Fellini fréquentait assidûment les photojournalistes. Une large sélection de clichés de tournage viennent en témoigner. Que ce soit ceux de Paul Ronald sur 8 ½ ou de Deborah Beer sur La Cité des Femmes, Ginger et Fred et La Nave Va, les archives des photographes font aujourd’hui partie des coulisses de la création fellinienne. En interaction permanente avec cette société médiatique, Fellini s’y abreuve pour créer le personnage de Marcello Rubini, chroniqueur mondain de La Dolce Vita. Il fait ainsi entrer les photographes dans la mythologie moderne : retranchés hors des studios et réduits au campement devant les clubs sélects de la capitale italienne, ils inspirent le personnage de Paparazzo, puis le terme générique que l’on connaît !
 


 
Livre des rêves
 
"Je ne peux travailler qu’au moyen du souvenir, à travers l’essentialité dans laquelle la mémoire des choses fonctionne. Je peux le faire seulement à travers le filtre du souvenir qui décante, décompose, va au cœur des choses", disait Fellini. En témoigne le fameux Livre des rêves dans lequel le réalisateur décrivait ses songes, ses angoisses et ses fantasmes. Très influencé par la psychologie analytique des rêves de Jung, Fellini ne pouvait détacher la création des mouvements de son subconscient et était moins intéressé par la réalité que par sa façon de l’interpréter. Exposé au public pour la première fois, le Livre des rêves constitue une clé inestimable pour appréhender son univers fabulateur et grotesque, à mi-chemin entre carnaval et cour des miracles.
 
Sam Stourdzé, commissaire de l’exposition, explique ce choix : "L’œuvre de Fellini est abordée à travers ses obsessions, en se focalisant uniquement sur les images : celles qui l’inspirèrent, celles dont il rêva, celles qu’il fabriqua. C’est la confrontation de ces images qui permet d’établir un dialogue entre photographie et film, entre images fixes et images animées". Acteur déterminant d’un siècle ayant vu naître le cinéma mais aussi la télévision et la publicité, Federico Fellini a su affirmer sa singularité, dépassant les strictes caractéristiques du néo-réalisme pour inventer un art unique, personnel et introspectif.

Exposition « Fellini : La Grande Parade ». Du 20 Octobre 2009 au 17 Janvier 2010 au Jeu de Paume. Informations pratiques, : http://www.jeudepaume.org/

Tour savoir sur ‘évènement « Tutto Fellini » : http://www.tuttofellini.fr/


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Le 26 octobre 2009

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