L’art comme décor mental

Michel Houellebecq met en scène au Palais de Tokyo ses errances et ses intuitions.
 

Michel Houellebecq, Irlande 1. Courtesy Air de Paris, Paris

Comme sur un quai de gare, l’exposition vous accueille avec les annonces de départ et d’arrivée du TGV. Comme à une heure de grande affluence, les visiteurs se bousculent dans un dédale de salle et de couloir. Aux murs, dans la pénombre, des photos, des bouts de film, des auto-citations, des machines, des appareils photos, des IRM de Houellebecq, Michel. Bienvenue dans le cerveau de l’artiste. Celui qui a transformé son errance dans le monde, son infinie solitude, son sentiment d’abandon en poésie, s’expose. 
 
Il avait mis en scène Jed Martin, peintre et photographe conceptuel dans La Carte et le territoire (2010) , aujourd’hui il s’assume comme artiste à part entière. Et le poète Houellebecq a les épaules assez larges. Le titre de l’exposition reprend celui de son plus beau texte, Rester vivant, véritable manifeste poétique de 1991, qui annonce tout le reste. "Le travail permanent sur vos obsessions finira par vous transformer en loque pathétique, minée par l’angoisse ou dévastée par l’apathie. Mais, je le répète, il n’y a pas d’autre chemin". 
 
Invitation d’artistes

Ce parcours des obsessions houellebecqiennes est une grande exposition de 18 salles, impeccablement mises en scène. On y retrouve son "oeil" dans les paysages désolés qu’il photographie, sa "plume" dans les vers agrandis ou posés sur des images, son humour aussi, quand il expose ses instruments de travail, ses examens médicaux ou organise un fumoir pour s’en griller une à mi-parcours. 
 
Le poète a l’élégance d’inviter d’autres artistes, des amis. Le peintre Robert Combas a réinstallé à l’identique son "cabinet secret", magnifique foutoir propice à l’inspiration. Renaud Marchand propose, lui, la composition chimique complète d’un homme et d’une femme. Une vision réduite à un pourcentages de l’âme humaine qu’on aurait pu trouver dans Extension du domaine de la lutte. Enfin Maurice Renoma, le couturier des idoles des sixties, a décoré la salle où sont exposés les photos de nus féminins, leur donnant un cachet délicieusement rétro.
 
Houellebecq se vautre aussi avec délectation dans l’autobiographique. Par exemple, il met sous vitrine et en aquarelles tout ce qui a trait à son chien Clément, mort en 2011. Un petit Welsh corgi qu’il adorait tant, qu’il est devenu, innocente bestiole, la métaphore de l’amour-même. 

Amour, humour. C’est ce qui transparaît derrière le papier peint houellebecqien.

Michel Houellebecq
Rester vivant

Exposition jusqu’au 11/09/2016
de midi à minuit, tous les jours sauf le mardi.
Palais de Tokyo
13 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris

Cliffs of Moher. Photo Michel Houellebecq
Courtesy de l’artiste et Air de Paris, Paris.

Mission #020. Photo Michel Houellebecq
Courtesy de l’artiste et Air de Paris, Paris.


Partagez avec Facebook

Le 26 juin 2016

galerie photos
paris01.jpg
Pub

AccueilActualitéCultureInterviewGalerie photosÉditoQui sommes-nous?
Copyright © 2004-2008 lemagazine.info | tous droits réservés | Designé & Développé par Ilich Chamorro

SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0