Le syndrome de Cassandre

Jouant du vrai et du faux, Yan Frisch, jeune prodige de la magie et véritable virtuose de la scène, invente un clown insolite, dont l’humour aigre-doux oscille entre bouffonnerie macabre et dérision inquiétante, à mi-chemin entre Emma la Clown et le Joker de Christopher Nolan. A ne pas manquer jusqu’au 10 avril au théâtre du rond-point.


© Le syndrome de Cassandre / Crédit Photo : Giovanni Cittadini Cesi

Il y a des artistes bénis des dieux tellement ils débordent de talent. A n’en pas douter, Yann Frisch occupe cette catégorie. Il compose un surprenant personnage de clown, dans un spectacle réglé au millimètre. « Ce clown est une créature. Ce n’est pas un humain déguisé en clown. C’est bel et bien un clown. Il vit dans une réalité qui lui est propre  » explique Yann Frisch.
 
Le spectacle tire son nom de la mythologie grecque. La déesse Cassandre avait reçu d’Apollon le don de prédire l’avenir. Pour la punir de s’être refusée à lui, Apollon décréta que les prédictions de Cassandre ne seraient jamais crédibles. De fait, rien ici n’est respecté. La bienséance et les carcans sautent tous ensemble, même si le geste est parfaitement maîtrisé. Il faut être un virtuose de la scène pour contrôler à ce point ses effets. 

Le spectateur au centre des questionnements
 
Ce clown dérangeant entraîne le public dans son univers improbable. Le spectateur se retrouve au centre d’un monde qu’il ne connaît pas, qui n’existe pas, et qui pourtant, a tout de familier. Il faut dire que Yann Frisch est également champion du monde de magie. Or pour ce jeune artiste, « la magie a la particularité de ne s’appuyer sur rien d’autre que le réel. C’est une discipline qui met le spectateur au centre des questionnements ».
 
On entre ici dans un monde exploratoire de la vie et de la mort, où le sourire côtoie le sordide. « Parfois on se moque, et presque tout le temps on rit, car ne on sait pas comment réagir autrement ». Le spectateur perd pied, mais Yann Frisch l’entraine dans cet abîme sans jamais lui lâcher la main. Du grand art, tout simplement.
 

Le syndrome de Cassandre, de et avec Yann Frisch, jusqu’au 10 avril au théâtre du rond.


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Le 28 mars 2016

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