Oriana Fallaci

Figure incontournable du journalisme du XXème siècle, l’italienne Oriana Fallaci est l’objet du biopic de Marco Turco, dans les salles le 5 août.

Comment raconter sur écran la vie de cette femme à la destinée hors du commun, en moins de deux heures ? Comment raconter l’audace, la liberté de celle qui arracha son voile en pleine interview de Khomeini, qui devint célèbre en Chine pour avoir rendu un visage humain au président Deng Xiaoping, et faisait s’évanouir les éditeurs les plus robustes en préparant l’édition de ses ouvrages ?
 
Marco Turco reconstruit quelques épisodes-phares de la vie de « la Fallaci » : notamment les grands reportages pendant la guerre du Vietnam et son histoire d’amour passionnelle mêlée de politique avec le héros grec Alexandros Panagoulis, qui fut torturé pendant cinq ans sous le régime des colonels, et acclamé par une foule d’un million d’Athéniens après son assassinat.
 
A travers le jeu engagé de la comédienne Vittoria Puccini, le spectateur aura un aperçu de cette vie qui en contint des dizaines. Il saisira son engagement physique dans chacun de ses reportages, sa révolte face à la condition des femmes dans certains pays du monde, sa liberté sentimentale et sexuelle. Et sa clairvoyance, lorsqu’elle annonça en 2001, dans un ouvrage extrêmement controversé, et qui lui valut une fatwa, l’avènement du Djihad et le danger de l’islamisme politique. 

Grande oeuvre
 
Ce biopic est une invitation lancée en toute modestie à entrer dans la grande œuvre d’Oriana Fallaci. De celle qui choisit le journalisme pour gagner sa vie, y excella, obtenant des contrats exclusifs avec les plus grands journaux américains, mais se voulait avant tout romancière. Et elle le fut réellement, racontant comme personne la conquête spatiale ou la guerre du Liban, avec un art consommé du récit et du suspense. Une femme à la plume insatiable, lue dans le monde entier, et qui fit pourtant à la fin de sa vie le constat d’un immense échec personnel : n’avoir pas eu d’histoire d’amour satisfaisante ni fait d’enfants.
 
Pour les spectateurs français qui ne la connaissent pas encore, s’en rappellent un peu ou restent des fans inconditionnels, ce film est une très bonne introduction à l’œuvre de cette grande femme. Marco Turco a choisi un traitement sans grandiloquence, respectueux des événements, comme si à vouloir trop en montrer on lui aurait forcément porté tort. Tous les livres d’Oriana Fallaci, divers et disponibles en français, parlent pour elle. Ce film est une incitation à aller à sa rencontre.
 
 
 

Oriana Fallaci, un film de Marco Turco, avec Vittoria Puccini, Vinicio Marchioni, Francesca Agostini, sortie le 5 août.

A signaler également la sortie chez Albin Michel d’une biographie, Oriana, une femme libre, de Cristina De Stefana, traduit en françois par Sophie Royere.


Partagez avec Facebook

Le 26 juillet 2015

galerie photos
paris01.jpg
Pub

AccueilActualitéCultureInterviewGalerie photosÉditoQui sommes-nous?
Copyright © 2004-2008 lemagazine.info | tous droits réservés | Designé & Développé par Ilich Chamorro

SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0