Power:On électrifie l’Afrique, avec le soutien d’Eva Green

Depuis 2015, la startup Power:On permet aux 3 000 habitants d’Igbéré, un village reculé du Bénin, d’accéder à moindre coût à l’électricité. Power:On prépare à présent une vaste campagne de financement participatif pour répliquer sa solution dans tous les villages isolés d’Afrique. Une simple inscription sur turnthepoweron suffit à apporter votre soutien. Vous rejoindrez ainsi l’actrice Eva Green, qui prête sa voix au court métrage qui accompagne le lancement de la campagne. Interview de Tristan Kochoyan, le fondateur de Power:On.

 

Peux-tu revenir sur la génèse de Power:On ?

Tristan Kochoyan : Tout commence en 2009, pendant mes études à HEC. A l’époque, j’étais très investi dans Action pour le Bénin, une ONG montée par les étudiants. C’est dans ce cadre que j’ai découvert le Bénin pour la première, et j’ai immédiatement été séduit par le pays. Par la suite, j’ai effectué des stages dans le domaine de l’énergie, ce qui m’a donné envie de retourner au Bénin avec un projet d’électrification des villages, une fois mon diplôme obtenu, en 2012.

Pourquoi avoir monté une startup plutôt que de poursuivre dans la voie des ONG ?

Tristan Kochoyan   : L’idée est de pérenniser à la fois la solution, de créer les conditions de son développement, mais aussi de s’aligner sur les intérêts des utilisateurs. Parce que leur financement repose essentiellement sur des dons, les ONG ne sont pas le modèle le plus efficient pour parvenir à ce résultat. Le modèle entrepreneurial s’est donc imposé de lui-même. Power:On propose ainsi aux utilisateurs de payer leur consommation, à un tarif adapté à leurs moyens. Les consommateurs sont de vrais clients et cela fonctionne très bien.

Où en est le développement de Power:On aujourd’hui ?

Tristan Kochoyan  : Depuis septembre 2015, nous électrifions un village de 3 000 habitants, Igbéré, situé au centre du Bénin. C’est Louise, mon associée béninoise, qui a identifié ce village pilote. L’objectif était de montrer qu’il était possible d’électrifier tous les villages, mêmes les plus isolés. C’est le cas d’Igbéré, puisqu’il faut une heure de piste à travers la forêt pour y arriver, tandis que le réseau électrique s’arrête à 40 km du village. Pour l’heure, le système repose sur un groupe électrogène, et chacun paie sa consommation. Le modèle favorise le développement économique du village. Notre défi est de montrer qu’il est aussi rentable.

Quel bilan fais-tu de cette première électrification ?

Tristan Kochoyan  : C’est le jour et la nuit ! Lorsque je suis venu pour la première fois à Igbéré, ce fut le choc ! Sans électricité, la vie s’arrête à 19 heures, à la tombée de la nuit. Sans électricité, on dépend du charbon, du kérosène, des piles électriques ou des bougies pour s’éclairer et accéder aux services énergétiques les plus basiques. Les conséquences sont terriblement lourdes. Chaque semaine, les fumées toxiques émises par les carburants traditionnels tuent plus de 76.000 personnes, soit plus que le SIDA et le paludisme réunis. Non seulement l’électricité a permis aux habitants d’Igbéré d’accéder à un confort qui leur manquait cruellement, mais en plus, elle permet de sortir de la spirale de la pauvreté. Depuis l’électrification du village, certains commerces se sont équipés d’un réfrigérateur, ce qui a permis d’augmenter considérablement leur chiffre d’affaires. L’objectif est donc aujourd’hui de développer l’énergie solaire à Igbéré et dupliquer ce modèle aux autres villages. D’où l’opération de financement participatif. Concrètement, j’ai besoin que 20 000 personnes s’inscrivent sur turnthepoweron pour lancer l’opération.

Tu lances le projet en 2012 pour aboutir à un premier village électrifié en 2015. Est-il si difficile de trouver du financement ?

Tristan Kochoyan  : La recherche de financement est sans aucun doute le point qui m’a fait perdre le plus de temps. Et être diplômé de HEC ne m’a absolument pas aidé. Mon projet initial reposait sur un financement de 200 000 euros. J’ai pourtant constaté que les investisseurs étaient plus réticents à lâcher 200 000 euros plutôt que 2 millions. Ils évitent également de se positionner sur des projets pilotes. Et dans le domaine du développement, les investisseurs potentiels privilégient les dons aux associations, car cela permet une défiscalisation. Finalement, c’est lorsque j’ai compris que je perdais mon temps à remplir des dossiers de financement que les choses ont vraiment avancé. J’ai levé 70 000 euros en love money auprès de mes proches, et je suis retourné au Bénin, pour agir directement sur place.

Tu n’as vraiment reçu aucun soutien en France ?

Tristan Kochoyan  : Si, j’ai obtenu malgré tout le soutien de Lionel Zinsou et de sa fille Marie-Cécile qui m’ont offert le gîte et le couvert à Cotonou. Mais le soutien le plus remarquable est venu de TheFamily, que j’ai intégré voilà un an et demi. Lorsque j’ai vu les vidéos Koutedat, je me suis totalement reconnu. Depuis, je travaille avec eux à la construction d’une véritable communauté autour de Power:On.

Comment est venu également le soutien d’Eva Green ?

Tristan Kochoyan  : L’idée de solliciter une actrice connue est venue d’Antoine Bretillard, qui a réalisé le film. Il a fallu un peu de culot, de persévérance et de chance pour contacter le bon agent, mais lorsqu’Eva Green a été mise au courant du projet, elle dit oui tout de suite. C’est aussi simple que cela.

Si vous aussi vous voulez soutenir Power:On, rendez-vous sur turnthepoweron.co


Tristan et Louise, son associée. DR

 



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