Monumenta 2010 : Les Personnes de Christian Boltanski

Après Anselm Kiefer en 2007 et Richard Serra en 2008, c’est au tour de l’artiste contemporain français Christian Boltanski d’investir les 13 500 m2 de la nef du Grand Palais. L’exposition Personnes est coproduite par le Centre national des arts plastiques, le Grand Palais et la Réunion des musées nationaux.


Christian Boltanski. Photo Didier Plowy Tous droits réservés Monumenta 2010, ministère de la Culture et

de la Communication


L’installation visuelle et sonore qui occupe la Nef du Grand Palais jusqu’au 21 février 2010 ne manquera pas d’en bouleverser plus d’un. Poursuivant sa réflexion, entamée dans les années 1970, sur les limites de l’humanité et la dimension essentielle du souvenir, Christian Boltanski aborde avec Personnes la question du destin et de l’inéluctabilité de la mort. Engageant à la réflexion spirituelle et humaine sur le hasard de chaque existence, l’œuvre est visuellement frappante et psychologiquement troublante.

Les archives du cœur

Lorsque l’on pénètre dans le Grand Palais, la nef est encore invisible, dissimulée par un immense mur de boîtes à biscuit rouillées – une constante dans l’œuvre de Boltanski. À partir de sa biographie personnelle, chaque visiteur imagine librement ce qu’elles contiennent. Lequel d’entre nous n’a jamais rangé photos ou billets doux dans une vieille boîte pour préserver ses souvenirs ?

Prélude imposant d’un show plus impressionnant encore, le mur invite, dés le début du parcours, à réfléchir sur ce que Boltanski nomme « les archives du cœur ». Un fond sonore, composé d’innombrables battements de cœurs dont Boltanski fait la collecte depuis 2005, assaille le public. L’instant est emprunt de nostalgie. On réalise que ces boîtes contiennent les souvenirs de vies ; on ignore si ces vies sont encore existantes ou achevées.


Exposition polysémique

Contournant le mur, on découvre, sous un dispositif de filins d’acier et de néons, des dizaines de vêtements dessinés dans des rectangles parfaitement alignés. Derrière ces formes géométriques, une montagne de tissus de près de cinquante tonnes est surmontée d’une grue et d’un grappin qui saisit les habits et les relâche dans le vide. Touché par la disparition de plusieurs de ses proches, l’artiste a voulu représenter les corps sans vie dans toute l’horizontalité de la Nef, le grappin faisant office de main divine qui fauche au hasard.

Au-delà de l’émotion et de l’hommage rendu aux disparus, la déshumanisation des corps et les amas de vêtements ne sont pas sans rappeler certains épisodes terribles de notre histoire. Embrassant d’un seul coup d’œil la totalité de l’espace, le visiteur fait rapidement le lien avec les autres éléments de l’exposition : les battements de cœur, symboles pourtant incontestables de la vie, évoquent aussi le bruit d’un train sur des rails. La géométrie parfaite des rectangles de tissus rappelle les wagons de ce même train. Mais il ne s’agit-là que de l’un des nombreux niveaux de lecture d’une exposition polysémique : chacun peut lire cette installation en fonction de son expérience de vie. Car finalement, la grande force de Boltanski est de nous faire sortir du Grand Palais avec le sentiment d’être intensément vivant.


MONUMENTA 2010

Christian Boltanski

au Grand Palais

du 13 janvier au 21 février 2010


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Le 13 janvier 2010

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