Se mettre au vert en Franche-Comté

De Belfort à Besançon, sans oublier de voir Vesoul et surtout la nature sauvage de l’arrière-pays comme le plateau des mille étangs des Vosges saônoises, la balade en Franche-Comté prend vite des allures de cure d’oxygénation salutaire. Espace de respiration…


À chacun sa cabane flottante, à Joncherey, près de Belfort © YH

D’emblée, il faut reprendre son souffle. Nous grimpons autour de Belfort sur la route des Forts. Au moins nous empruntons le circuit court – 9 km – laissant aux vététistes le tour complet de la ceinture défensive de la cité (75 km). Du haut des remparts, on devine l’emblème de Belfort, le fameux lion de Bartholdi, qui rend hommage à l’esprit de résistance des habitants, emmenés par le colonel Denfert-Rochereau et assiégés par les Prussiens durant la guerre de 1870. En contre-bas s’étale également le fleuron industriel des lieux, l’usine Alstom. « Son installation, renseigne notre guide, remonte à 1879, lorsque les patrons et ouvriers de la Société alsacienne de constructions mécaniques (la future Alstom), hostiles au rattachement à l’Allemagne, émigrèrent en masse sur le territoire belfortain.  »
 
Descente vers un premier espace vert, la presqu’île du Malsaucy. Pendant la période estivale, le lac entouré de montagnes prend des allures de base nautique et de loisirs. Cette « plage » est surtout connue pour accueillir le premier week-end de juillet les Eurockéennes. Cet espace tranquille rassemble alors 40 000 festivaliers qui campent sur les pelouses et se répartissent entre quatre scènes, dont l’une installée sur l’eau.
 
Non loin, à Joncherey, ce sont cette fois des cabanes qui sont posées sur l’eau. Un mode d’hébergement en vogue qui entretient les rêves d’escapade romantique : plaisir d’aller chercher en barque au petit matin les croissants laissés dans un panier sur la berge à l’intention de sa dulcinée (ou de son compagnon)…
 
Nous filons vers la Haute-Saône et marquons une pause à la chapelle de Ronchamp bâtie au sommet d’une colline par Le Corbusier. Pas sectaire l’architecte agnostique, mais il a tout de même réalisé l’édifice à son goût. Sous une voile de béton brut, un décor épuré propice à la méditation. En juin 1955, lors de l’inauguration de la chapelle, Le Corbusier déclarait : « J’ai voulu créer un lieu de silence, de prière, de paix, de joie intérieure. » Ses confrères, Jean Prouvé et Renzo Piano, ont complété la réalisation en respectant son dessein.
 

Paysage rural de Haute-Saône sur le plateau des 1000 étangs © YH
   
Finlande-sur-Saône
 
Dépaysement garanti sur le plateau voisin des mille étangs. Le nom du site n’est pas usurpé. Lorsqu’on randonne sur ses chemins, on découvre une nouvelle mare ou étang derrière chaque virage. Comment est-ce possible ? « Le phénomène vient de loin, nous explique Marcel Placiard, un homme du cru. Le retrait des glaciers s’est opéré il y a 12 000 ans, puis au Moyen Age, les moines ont domestiqué progressivement ce milieu marécageux. » Aujourd’hui, la nature sauvage a gardé ses droits et continue d’associer landes et tourbières préservées. Signe de la bonne santé de l’écosystème, labellisé Natura 2000, ses cours d’eau abritent des écrevisses à pattes blanches, « espèce-sentinelle » garante de qualité environnementale. La région qui n’est pas sans rappeler les paysages finlandais a été surnommée « la petite Scandinavie ». 
 
L’habitat dispersé conserve, lui aussi, les traditions d’antan. D’anciennes exploitations rurales transformées en résidences secondaires ont maintenu, en guise de porte d’accès, le « chari », l’ancienne remise dotée d’un porche voûté permettant de rentrer le fourrage. Plus loin, on découvre un « travail », petit abri où l’on maintenait les chevaux ou les bœufs avant de les ferrer. Même les restaurants soignent leur décor. Ainsi, près de Servance, l’auberge des mille étangs installée dans une ferme du XVIIIe siècle a recréé, entre poutres et cheminée, un cadre particulièrement chaleureux propice à une cuisine roborative. 

Migrations en tous genres
 
Moment de récupération et de remise en forme dans la ville « rose », Luxeuil-les-Bains. La couleur des maisons gothiques est due à l’utilisation du grès extrait des massifs montagneux des Vosges. Les Thermes de la ville déclinent aussi ces nuances de rose. « Nous perpétuons une tradition ancestrale, nous précise, Eric Chavane, directeur des Thermes. Dès le Ve siècle avant J.C., les Étrusques avaient connaissance des sources d’eau chaude. L’établissement thermal, l’un des plus anciens de France, a été inauguré en 1761.  » À présent, il séduit 5000 curistes par an. Pas de cure pour nous, juste le temps de plonger dans la piscine à jets d’eau et de se relaxer dans le jacuzzi et le hammam. 
 
Puisque le bien-être est à l’honneur, profitons en ! À Vesoul, rendue célèbre par Jacques Brel - « T’as voulu voir Vesoul. Et on a vu Vesoul… J’ai voulu voir ta sœur. Et on a vu ta mère. Comme toujours… » - nous nous attardons au poumon vert de la ville, le lac de Vesoul-Vaivre, plan d’eau aménagé de 95 hectares. Le lac, rendez-vous de nombreuses compétitions sportives, est aussi classé zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Il dispose notamment d’une réserve ornithologique où transitent de nombreux oiseaux migrateurs. Les touristes migrateurs, eux, sont invités à rejoindre à proximité l’Espace Saône Valley. Pour une partie de pêche, une promenade en âne ou une balade en bateau (sans permis), amarré au pied de votre chalet. On se laisse embarquer sans déplaisir : ça se passe comme ça dans la verte et insolite Franche-Comté ! 
 

Cabanes flottantes à Joncherey, près de Belfort © YH
 

 


Pratique
° Y aller. Paris- Belfort en TGV (un peu plus de deux heures). Idem pour un retour à partir de Besançon.
° Y séjourner. Le Grand hôtel du Tonneau d’or. La rénovation a préservé le spectaculaire hall d’entrée doté d’un escalier monumental. 1, rue du général Reiset à Belfort . Tél : 03 84 58 57 56 www.tonneaudor.fr
Un week-end aux Cabanes de Joncherey : www.cabanesdesgrandsreflets.com ou à « Saône Valley » : www.saonevalley.com
° Y déjeuner. Le Pot au feu. 27 bis, Grand’Rue à Belfort. Plats traditionnels comme le coq au vin jaune et aux morilles. www.lepotaufeu.fr
L’Auberge des Mille étangs à Servance pour sa cuisine typique et son cadre remarquable. Tél : 03 84 20 48 55 www.aubergedesmilleetangs.fr
° À voir. La 28e édition des Eurockéennes de Belfort, du 1er au 3 juillet 2016 www.eurockeennes.fr
- Profiter de voir Vesoul à l’occasion des championnats de France de cyclisme sur route (23 au 26 juin 2016).
- La chapelle Notre-Dame du Haut de Le Corbusier, à Ronchamp www.collinenotredameduhaut.com
° Renseignements. Comité régional du tourisme (CRT) de Franche-Comté.
Tél : 03 81 250 800 www.franche-comte.org


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Le 3 juin 2016

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