Sommet humanitaire mondial et prévention des conflits

Les 23 et 24 mai derniers s’est tenu à Istanbul le premier Sommet Humanitaire Mondial prônant le respect effectif du droit humanitaire international et une coordination plus efficace entre tous les acteurs humanitaires de la planète. Selon l’ONU, au moins 125 millions de personnes dans le monde ont besoin d’aide humanitaire suite aux catastrophes naturelles ou aux conflits. Par ailleurs, on compte actuellement plus de 60 millions de déplacés. Du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

Déplorant l’absence à ce sommet des dirigeants des pays du G7, à l’exception d’Angela Merkel, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a aussi regretté que les divisions parmi les membres du Conseil de Sécurité empêchent de progresser sur les questions critiques de la guerre et de la paix. Des voix de plus en plus nombreuses s’interrogent aussi sur la nécessité d’œuvrer en amont pour prévenir l’escalade des violences, avec pour corollaire, le commerce des armes alimentant les conflits générant des désastres humanitaires tels que l’afflux massif de réfugiés et de migrants.

On s’en souvient, le 25 février dernier, le Parlement européen avait voté une résolution réclamant un embargo sur les armes européennes à destination de l’Arabie saoudite eu égard à la situation humanitaire dans le conflit du Yémen. Mais quelle suite a été donnée à cette Résolution par le Conseil des 28 Etats membres de l’Union européenne ?
 
Ce 27 avril dernier, c’était au tour du Comité Economique et Social Européen de prôner une législation plus ambitieuse sur les armes à feu. Ce comité mettait aussi en garde contre les évolutions technologiques de l’impression en 3 dimensions pouvant être utilisée pour fabriquer des armes tout aussi mortelles que celles fabriquées par les méthodes traditionnelles. Le 25 mai dernier, Amnesty international réclamait aussi un embargo sur les ventes d’armes européennes à destination de l’Egypte en raison notamment du manque de transparence sur leur utilisation dans le Sinaï.

La paix n’est jamais acquise une fois pour toutes
 
Il est trop facile de considérer la paix comme acquise une fois pour toutes. Depuis la déclaration Schumann, aucun Etat membre n’a tiré un seul coup de feu sur un autre Etat membre. Dans notre Union, le pouvoir est désormais fondé sur le droit. J’appartiens à la première génération d’Européens dans l’histoire à profiter de cette bonne fortune et j’espère que les futures générations en profiteront aussi ”. Ces propos du Roi des Pays-Bas Willem Alexander lors de sa visite au Parlement européen le 25 mai dernier, n’incitent-ils pas à la réflexion.?

Le virus de la guerre
 
Par ailleurs, dans un Manifeste rendu public à Washington le 31 mars 2016 et distribué au Press Club Brussels Europe le 3 mai dernier, à l’occasion du 25ème anniversaire de la création de l’Etat du Kazakstan : le Président Nursultan Nazarbayev exprime sa vision d’un monde pacifique pour le 21ème siècle. L’humanité espérait que le 21ème siècle augurerait une nouvelle ère de coopération mondiale mais ceci risque d’être un mirage car notre monde est une fois de plus en danger et les risques ne peuvent être sous-estimés. Nous sommes menacés d’une guerre dévastatrice à l’échelle mondiale. Selon les estimations des chercheurs, notre civilisation a survécu à plus de 15 000 guerres soit approximativement trois chaque année. Des centaines de millions de gens sont morts, des villes, des pays ont été détruits, des cultures et des civilisations ont disparu. (...). Le monde est au bord d’une Quatrième révolution industrielle : on a réussi à éradiquer des maladies horribles, mais le virus de la guerre continue d’empoisonner la situation internationale. Il fait marcher le complexe militaro-industriel qui dans certains pays est devenu le secteur de l’économie le plus important. Ce virus de la guerre pourrait même à l’avenir infester le développement de l’intelligence artificielle.” avertit Nazarbayev. 

Pour un monde sans guerre au 21ème siècle
 
Le Traité de non Prolifération des Armes nucléaires n’a pas atteint son objectif. Les armes nucléaires et la technologie qui les produit se sont répandues à travers le monde en raison du double jeu des grandes puissances Ce n’est qu’une question de temps avant qu’elles ne tombent entre les mains des terroristes. Et le terrorisme a pris une dimension internationale à travers l’Europe, l’Asie, l’Afrique constate encore Nazarbayev.
 
La destruction des sites et des monuments historiques, l’exode de millions de réfugiés, les noyades de milliers de migrants, une réalité quotidienne déplore le Président du Kazakstan.
 
“Mettre fin aux guerres est le principal défi de notre civilisation. Notre planète est unique.Nous n’avons pas d’autre demeure. C’est pourquoi nous avons besoin d’une nouveau programme :”21ème siècle : un monde sans guerres” telle est la conviction du Président Nazarbayev.
 
Qu’ils émanent de l’ONU, du Parlement européen, des Pays-Bas, du Kazakhstan ou d’ailleurs, il est à souhaiter que tous ces appels à la prévention des conflits soient entendus par tous les dirigeants du monde. Les Médecins sans Frontières, dont les hôpitaux en Syrie et au Yemen ont déjà subi quatorze attaques en 2016, eux l’ont bien compris depuis longtemps.
 


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Le 19 juin 2016

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